L’INSOLENTE PRATIQUE DU «GHOSTING» DANS l’ADN DES RECRUTEURS FRANÇAIS

L’ÉTENDARD DE L’INDIFFÉRENCE ET DU MÉPRIS en omettant le feedback aux candidats ayant postulé à une offre d’emploi, est une RÉALITÉ, une TRADITION voire même UNE INSTITUTION FRANÇAISE !!! Employé auparavant dans les relations amoureuses, le Ghosting ou « la pratique de quitter une personne sans aucune explication » en se calfeutrant dans un mutisme pusillanime, est désormais utilisé dans le monde du recrutement.
Outrepassant la discourtoisie et l’incivilité, loin de s’agir d’un phénomène paranormal, la pratique du GHOSTING (l’art de faire le fantôme) des recruteurs français flirte avec la Condescendance. Une atteinte à la personne et à la dignité humaine !

LE SILENCE : L’ERREUR FATALE DE NOMBREUX DRH OU RECRUTEURS D’AGENCES

En jouant la carte de l’abonné absent, ces DRH ou recruteurs mandatés renvoient un effet miroir dévastateur sur l’image des entreprises qui les emploient. Grossière erreur stratégique, en fait ! Déçus, les candidats n’hésitent plus désormais à communiquer leur désappointement et frustration par des commentaires négatifs sur leur processus de recrutement via les réseaux sociaux et les plateformes de notation sur le marché de l’évaluation des entreprises telles que Glassdoor, Welcome to the Jungle, Viadeo…. L’attitude désinvolte et inconséquente de leur DRH ou l’agence de recrutement, détruit inéluctablement leur réputation, les estampillant « WORSE PLACE TO WORK ».
Dès lors, la « Marque employeur » n’appartient plus à l’entreprise mais aux candidats surfant sur le net. Entre la guerre des clics, le fameux bouche à oreille et le partage de ressentis négatifs sur les réseaux sociaux, la réputation d’une entreprise se désarticule et se désagrège en un temps record, laissant l’indélébile empreinte d’une entreprise indésirable pour les potentiels futurs candidats. LE BAD BUZZ DANS TOUT SON POUVOIR DE DESTRUCTION !


Le mutisme des recruteurs désignent leurs entreprises comme cibles dans les réseaux sociaux.

ENTREPRISES, DÎTES-NOUS COMMENT VOUS TRAÎTEZ VOS CLIENTS, NOUS VOUS DIRONS COMMENT VOUS TRAÎTEZ VOS POSTULANTS !

Quand l’attente devient un enfer « source de stress et d’angoisse ».

L’enfer de l’attente, qui mène irréductiblement à la morgue de l’espoir, comme le vit S. une séniore à la recherche d’un emploi depuis un an: « Je ne peux constater que 95% des entreprises ne répondent à mes candidatures pourtant personnalisées et que je ne décroche pas d’entretiens. Je n’ai aucune piste sérieuse pouvant me redonner un peu d’espoir pour retrouver un travail surtout dans le contexte de crise actuelle. Ce qui est source de stress et d’angoisse pour mon avenir professionnel. »
Si ces entreprises avaient un tant soit peu la notion marketing « EXPÉRIENCE CLIENT », elles géreraient avec d’autant plus de facilité la notion « EXPÉRIENCE CANDIDAT » en les informant dans l’attente lors de la procédure de recrutement ou en n’assurant pas le suivi après un entretien.
Carton rouge pour ces entreprises, qui perdent leur crédibilité, le respect, leur réputation et l’opportunité de voir ces candidats de nouveau enclins à postuler chez elles et de les fidéliser en tant que clients. Les candidats ne sont pas sur un banc de touche avec un brassard rouge vivant les derniers instants de leur destinée !
A contrario, après un accusé de réception de la candidature ou même un refus personnalisé et respectueux, l’expérience candidat devient qualitative.


LE VERDICT LAPIDAIRE ANTICIPÉ :

« Si vous n’êtes pas contacté(e) sous 2 semaines, c’est que votre candidature n’est pas retenu(e)« 

L’art et la manière de se racheter une bonne conscience et de propulser le candidat vers le désarroi et le manque de considération.

Le suprême affront du recruteur, qui juste quelques secondes après avoir transmis votre candidature, vous prévient par courrier automatique d’un probable refus. A la lecture d’un tel avertissement, vous regrettez instantanément d’avoir postulé dans une telle entreprise !
RECALÉS ! Si les recruteurs sont sensés miser sur les « SOFT SKILLS » OU « SAVOIR-ÊTRE » des candidats postulant à une offre d’emploi dans le CV, les Soft skills rattachées à la Communication en ce qui concerne les DRH et les recruteurs d’agence, à savoir l’Amabilité et la Courtoisie, sont rarement leurs qualités premières!


LE DÉSESPOIR OU « TROU NOIR » DU CANDIDAT

Quand les recruteurs laissent le silence parler à leur place, vient le temps de l’incompréhension et du doute.

Toute personne à la recherche d’un emploi aspire légitimement à être considérée comme une personne unique et non comme le candidat lambda parmi tant d’autres, de sentir sa candidature valorisée par une réponse personnalisée et non une bafouille standard, même si la réponse est négative comme le souligne S. une séniore en recherche d’emploi : « A part des retours automatisés de refus (quand j’en ai), quelques messages à la marge d’une dizaine de DRH ne me faisant aucun autre feed-back personnalisé sur ma candidature que le traditionnel « Nous vous remercions d’avoir montré de l’intérêt pour notre entreprise, mais malgré la qualité de votre profil, nous ne donnons pas suite à votre candidature. Bonne chance dans vos recherches » dans à peine 5% des cas ».


LA RÉPONSE DU BERGER A LA BERGÈRE :
QUAND LES « GHOSTERS » DEVIENNENT LES « GHOSTÉS »

Quand le vent tourne, la course-poursuite voire même le rapport de force s’inverse. Après le traditionnel « Ghosting DRH à la française, la toute nouvelle tendance dans le moove, le « Ghosting candidat Millennial / Gen Z » pour un relationnel en mode Zapping ! Les recruteurs se font ainsi « ghoster » à leur tour et les jeunes chercheurs d’emploi se muent en « candidats ghosters » ou candidats fantômes en donnant le tempo. Le pouvoir de décision et de sélection a changé de mains.
Responsables de leur impopularité de par leurs pratiques de Ghosting envers les candidats, les entreprises ont désormais à subir l’avènement de l’inversion de ce phénomène pervers, de la part des plus jeunes, témoins des difficultés passées de leurs proches. Un phénomène nouveau, qui s’explique aussi par la multiplicité de choix dans certains secteurs où il y a une pénurie de profils, tels que les postes de développeur, les métiers du BTP, ingénieurs en intelligence artificielle… La quête du Graal, qui ne le serait pourtant pas pour les millennials, plus « aficionados » ou amateurs passionnés en tant qu’utilisateurs, que bâtisseurs du numérique.
Leur conception et perception du travail diffère totalement de la génération X, voire celle des seniors, posant résolument leur curseur sur le choix de la rémunération, le bien-être, l’ambiance, l’environnement au travail, zappant sans vergogne et sans explication les engagements, un entretien, un rendez-vous, un recruteur, sur l’âpre refrain «  Attrape-moi si tu peux ! »

Quand le recruteur devient à son tour, le « Ghosté » du moment ! Un juste retour de bâton.

L’ARROSEUR ARROSÉ

La vie est joueuse ! Sur son parcours de vie, nul ne peut affirmer à ses risques et périls qu’il ne croisera pas des personnes qu’il pensait ne jamais revoir !

Si le monde est dit être petit, le monde professionnel l’est encore bien plus ! Qui peut affirmer qu’il ne croisera pas un jour au détour d’une rue, à la descente d’un train, dans une file d’attente ou mieux encore dans les couloirs de son entreprise… l’EX – CANDIDAT (qu’il ne pensait pas revoir) sorti de sa chrysalide pour devenir LE CONCURRENT ou même selon les pseudo hasards de la vie, LE PATRON de cette société pour laquelle vous rêvez de travailler, VOUS RECRUTEUR !

NE JAMAIS OMETTRE DE PRENDRE EN CONSIDÉRATION, QUE DERRIERE CHACHE CANDIDATURE, SE TROUVE UNE PERSONNE SUR UN CHEMIN DE VIE QUE NUL RECRUTEUR NE PEUT VISIONNER !


Crédits

Texte et photos Ghislaine FÉREC

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