OldLivesMatter LA RAMPE DE SÉLECTION DES SENIORS OU L’ÂGISME

L’appellation « Seniors » dans le monde du travail en France, a remplacé les termes irrévérencieux, stigmatisants et insultants tels que « Les vieux, les têtes blanches, les anciens, les vieillards, les viocs… » en flirtant avec, la pratique de l’OSTRACISME ou REJET SOCIAL gratuit, du rejet du CV (à la corbeille) au rejet du candidat ! Seuls 32,2% des 60-64 ans ont un emploi en France. Le comportement discriminatoire prôné par l’ÂGISME est CONDAMNÉ par la CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’UNION EUROPÉENNE, qui interdit toute discrimination fondée sur l’âge au même titre que le sexe, la race, la couleur ou la religion.
Tandis que les pays scandinaves (le Danemark, la Norvège et la Suède) devraient être une source d’inspiration et des modèles sociaux de référence en matière d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, la France, elle, se range encore en 2020 se coiffe du bonnet d’âne sur le banc des mauvais élèves dans la zone OCDE (L’Organisation de coopération et de développement économiques).

L’ÂGE DE LA SÉNIORITÉ OU LE PLAFOND DE VERRE DE L’ÂGE

Emprunté au latin, le terme « SENIOR » est un mot signifiant « le plus âgé, le plus vieux, ou le plus ancien ». Une circonlocution utilisée en France pour éviter les appellations plus péjoratives de « vieux », éminemment variable selon les secteurs.

Emprunté au latin, le terme « SENIOR » est un mot signifiant « le plus âgé, le plus vieux, ou le plus ancien ». Une circonlocution utilisée en France pour éviter les appellations plus péjoratives de « vieux », éminemment variable selon les secteurs.
Les cabinets de recrutement, les entreprises, les DRH posent lamentablement leur curseur sur les plus de 45 ansrivalisant avec l’agence Pôle Emploi, qui pousse la limite jusqu’à 50 ans. Dans le domaine du marketing, les cinquantenaires sont répertoriés comme des seniors en fonction de la modification de leurs comportements de consommation. Quant à  l’État,  la soixantaine marque l’âge de la retraite. A 23 ans, un athlète professionnel est considéré senior. A 70 ans, le cycle de la vie se calque sur la condition physique de la personne, qui est alors senior selon le contexte médical.


CHERCHEURS D’EMPLOI DE PLUS DE  50 ANS :
LE SUPPLICE DU CONDAMNÉ SUR « LA RAMPE DE SÉLECTION »

LLa sélection en France entre ceux reconnus aptes et ceux qui ne le sont plus. Une réalité bien concrète, ancrée dans le sarcasme morbide de l’indifférence et du vil mépris de l’HUMAIN, jusqu’au geste suprême, l’éjection perverse et « manu-militari » du CV.
Sur la rampe de sélection,  les « SENIORS » ont la richesse de l’aboutissement de toute une vie de choix et de réussites successifs. Ils détiennent les leçons et les acquis de leur vécu qui contrebalance l’activisme frénétique et brouillon de notre société.

Les grands vins français ne tirent-ils pas la renommée de leur qualité à se bonifier harmonieusement avec le temps ?

Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des Discriminations, déclarait le 1er mars 2018 lors de l’émission « M comme Maïtena » sur RMC à l’occasion de la journée « zéro discrimination » : « Le groupe le plus discriminé en volume, en nombre dans la population au travail en France est celui des seniors, car ils sont plus nombreux. Quand vous êtes demandeur d’emploi, au-dessus de 50 ans, la situation se complique vraiment beaucoup. Arrive en deuxième l’apparence physique.  Après la question de l’origine, le handicap etc… ». Le 10 octobre 2019, la Cour des comptes dénonçait «un risque croissant de trappe à pauvreté » chez les plus de 60 ans.


LE SLOGAN FINLANDAIS : «L’EXPÉRIENCE EST UNE RICHESSE NATIONALE.»

Si certains considèrent le kilométrage parcouru au compteur de l’existence comme un signe de fatigue ou de déficience, qu’ils sondent avec plus de perspicacité la richesse d’un long parcours professionnel, imprégné d’expériences, d’expertise et de fiabilité avec cette perspicacité de la vie.

Les entreprises françaises ont l’art souverain de se priver d’un vivier de savoirs et d’expériences. Avec un taux d’emploi des 55 à 64 ans de 53,6 %, la France a un des plus faibles taux d’Europe. A titre de comparaison, ce taux est de 77,8% en Suède, le plus élevé en Europe (derrière l’Islande 80,9%), de 72,4% en Norvège et de 71, 4% au Danemark…Les pays scandinaves ont une fois de plus brillamment passé l’épreuve ! Bonnet d’âne pour le pays dit des Lumières, qui avance à tâtons avec son statut d’un des plus mauvais élèves de l’UE et des pays de l’OCDE ! Sur la terre d’Astérix, la gestion du personnel est une gestion des âges tandis qu’au pays des Vikings, on valorise le parcours individuel.

Depuis près de 45 ans, il est de coutume en France, d’exclure les seniors de l’entreprise selon la sacro-sainte  « CULTURE DE LA SORTIE PRÉCOCE » du monde du travail et de ruptures conventionnelles vers 57-58 ans versus la « CULTURE DU TRAVAIL  À TOUT ÂGE »des pays du Nord de l’Europe comme le présente Anne-Marie Guillemard, professeure émérite en sociologie à l’Université Paris Descartes Sorbonne. Le principe consiste à « prolonger la vie active » et non de « repousser l’âge de la retraite » précise Anne-Marie Guillemard.


L’ADN DE LA SCANDINAVIE :
LE TROPHÉE DE L’EXCELLENCE DU BIEN-ËTRE AU TRAVAIL POUR TOUS

La conception et la perception européennes contemporaines par excellence axées sur L’ART DU BIEN-ÊTRE ET DE L’HUMAIN  à tous les niveaux au cœur de leurs populations actives en se référant aux parcours professionnels des personnes et non aux catégories d’âge comme en France. Au sein des entreprises, sont ainsi aménagés des programmes novateurs tels que le « Working Life Development » (Développement de la Vie Active), le « Well-being at Work » (Le Bien-Être au Travail) et le « Age Management » (La Gestion des Âges).
Le Danemark, la Suède et la Norvège, des nations privilégiant le confort, le bien-être de ses populations actives, au sein des entreprises, favorisant l’adaptation des seniors au travail en alliant convivialité de l’environnement professionnel, aires de repos dans les bureaux, moments de détente entre employeur et employés lors d’une pause, aménagement du temps et des conditions de travail. Quant à argumenter qu’il y a pire ailleurs qu’au pays des Gaulois relève d’un raisonnement résolument niais : la Preuve par les faits!


« MÉFIONS-NOUS, QUAND IL Y A PIRE, MAL DEVIENT »
(proverbe scandinave)

LA PERFORMANCE NE S’ACQUIERT PAS AVEC DES « IL Y A PIRE AILLEURS »! Reconnaître qu’il y a pire ailleurs revient à justifier la médiocrité chez nous. L’utilisation de cet argument ou sophisme est UNE STRATÉGIE SCIEMMENT EMPLOYÉE PAR CERTAINS POUR CULPABILISER LES AUTRES ET JUSTIFIER LEUR IMMOBILISME. Il n’existe pas de hiérarchie des médiocrités ! Il y a toujours pire et il serait bien plus gratifiant de VISER LE MIEUX pour aller de l’avant !


Crédits

Texte et photos Ghislaine FÉREC

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